La plaque du jour

Aujourd'hui sont nés Paul Ricard (1909-1997) et Albert Ducrocq (1921-2001). Je ne possède pas la 1ère des deux plaques et la 2e semble ne pas encore exister

Aujourd'hui Mercredi 9 Juillet 2008, 191ème jour de l'année
Nous fêtons les Amandine, les Hermine, les Irma et les Marianne

Pas de plaque disponible commémorant particulièrement aujourd'hui, puisque les personnages célèbres y sont rares et que la famille du célèbre journaliste et vulgarisateur Albert Ducrocq qui était né le 9 juillet 1921 refuse qu'il ait une plaque de rue à son nom.

Aussi, comme depuis quelques jours le Tour de France s'est installé sur nos petits écrans, de plus en plus plats, pendant que les coureurs grimpent de plus en plus vite, en hommage au courage de tous ces hommes, y compris et surtout à celui de la lanterne rouge, la toute récente plaque d'un des premiers héros du Tour, que le centenaire du a remis un peu en selle.

Le mercredi 2 juillet 2003, le journal Le Parisien/Aujourd’hui en France a eu la bonne idée de partir à la recherche de Lucien Pothier, second du premier Tour de France derrière Maurice Garin. Le centenaire de ce premier Tour est fêté en 2003.

Le journaliste Eric Michel a retrouvé la nièce de Lucien Pothier, né à Cuy dans l’Yonne le 15 janvier 1883. elle ne garde en mémoire que quelques vagues souvenirs de son oncle. Elle n’était pas née au moment de ses exploits, et l’oncle Lucien n'était pas très bavard. « J’allais chez lui de temps en temps, il faisait de la bicyclette tous les jours. »

« Il ne m’en a jamais parlé, il était le frère de ma mère, mais il a vite quitté Cuy notre village pour s’installer à Troyes. »

L’ancien coureur ne supportait pas que l’on touche à son fameux vélo.

« Aujourd’hui je n’ai plus rien de lui sauf une vielle photo où il pose avec maman. »

Un autre témoin, Adonis Rousseau, a lui aussi croisé ce héros oublié du Tour.
A 92 ans bien sonnés, il se souvient de la solide carcasse du coureur de la Française (à cette époque on courait par équipes nationales), radié à vie du cyclisme en 1904 pour fraudes sur le Tour.

« Il avait de ces cuisses ! Quand il nous serrait la main, il était tellement costaud qu’il vous secouait dans tous les sens. […] Je l’ai croisé dans les années 1920-21. Il venait de Troyes, à bicyclette à 60 km de là. Il faisait l’aller et retour dans la journée. A 40 ans il fallait le faire. Jeune, il livrait les commandes du boucher. C’est comme ça qu’il a commencé le vélo. C’était un dur de la pédale. »

A la fin de son existence, Lucien Pothier a gardé un seul lien avec sa vie passée. Comme un clin d’œil pour ne pas tout oublier.

Adonis Rousseau reprend : « Il a monté un bistrot qui s’appelait « Au Tour de France » mais il n’en parlait jamais. Moi je suis sûr qu’il fallait être sacrément courageux en ce temps-là pour le faire. Surtout que les routes n’étaient pas comme maintenant. »

Mais 100 ans plus tard, Lucien Pothier, l’enfant de Cuy, a laissé aussi peu de traces dans les livres d’histoire de la Grande Boucle que dans sa propre famille. La tombe où il repose depuis son décès à l'âge de 74 ans le 29 avril 1957 ne mentionne nullement son aventure. Seul son village vient d’inaugurer une place à son nom. Pour qu’enfin Lucien Pothier sorte de l’oubli.

Après son purgatoire, Lucien Pothier ne mérite pas l’enfer. En 1904, les journaux de l’époque l’avaient surnommé « le boucher de Sens » en référence à son métier dans le civil, suite à une ténébreuse affaire de tricherie. Lucien Pothier, tout comme Maurice Garin d’ailleurs, avait enfreint les articles six et sept du règlement de course relatifs à l’interdiction de profiter d’un entraîneur et d’un véhicule d’assistance. Maurice Garin a été suspendu deux ans, tandis que Lucien Pothier a été pendant un temps, radié à vie. En effet, bénéficiant d’une remise de peine, il est revenu sur le Tour en 1910.

A son palmarès, il a quatre participations au Tour de France : 1903 bien sûr où il finit second, 1904 où il finit également second avant d’être déclassé, puis 1910 l’année où sa sanction prend fin, et où il finit 28eme, et enfin 1911 pour sa quatrième et dernière participation où il termine 20ème.
Il a également couru par deux fois la classique Paris-Roubaix (à l’époque certainement plus pavée qu’aujourd’hui), dont il termina 10e en 1900 et 3e en 1904.

La plaque du jour, anciennement place de la mairie à Cuy et inaugurée en juin 2003, m’a été aimablement envoyée par un journaliste de Cuy, Henri Szott, qui fut pendant dix ans le photographe attitré de la présidence de la République.

Si vous avez une idée de plaque ou une plaque à envoyer pour illustrer un 9 Juillet merci de cliquer ici.

Pour souhaiter une naissance ou un anniversaire, connaître les personnalités nées ou décédées un 9 Juillet, vous pouvez vous rendre sur un site ami : http://www.chronobio.com/